La vie Communale


Toponymie

Bourgon entre dans l'histoire au IXe siècle sous le nom de Burgodenum. J. de Borgon au XIIe siècle, Saint-Pierre de Bourgon en 1458, la paroisse s'est appelée Bourgon-le-Dolent en 1562. Par la suite, le village s'appellera tout simplement Bourgon. On retrouve néanmoins la mention de Saint-Pierre de Bourgon dans les registres paroissiaux, en 1685 et sur le cahier de doléances dudit Bourgon (1789).

Le gentilé est Bourgonnais.










.











D'autres photos anciennes de Bourgon consultables ICI


Histoire

Moyen Âge


Jadis, le « chemin gravelais » ou « chemin du Roy » (mentionné en 1454), était en fait une portion du « Chemin de Cocaigne », voie gallo-romaine ancienne qui reliait « le Cotentin à la Gascogne ». Au nord, des portions apparaissent encore ici et là sur les communes de Saint-Pierre-des-Landes, La Pellerine, Larchamp, Le Loroux, Pontmain. Elle débouchait à Bourgon dans la cour de l'ancienne école des garçons, au lieu-dit le Pavement. Au sud, ce chemin a été choisi comme limite entre Mayenne et Ille-et-Vilaine. Il coupe la route du Bourgneuf à Vitré à la Brécinière, évite Bréal, et se poursuit vers La Gravelle, longe la forêt du Pertre. Il se dirige ensuite vers Angers et Les Ponts-de-Cé.

Outre la bataille de la Brossinière (au lieu-dit actuellement nommé la Brécinière), le 26 septembre 1423, la localité se rappelle avoir été « appatisée à la garnison anglaise de Mayenne », en décembre 1433.

Époque moderne

Vassale du comté de Laval, sa seigneurie de paroisse devient une baronnie en 1706. Ses seigneurs prirent le titre de comtes de Bourgon au XVIIe siècle. De leur château, qui existe encore au XVIIe siècle, « à l'est du bourg... avec une allée plantée d'arbres et une chapelle dédiée à Sainte-Anne », on pense généralement qu'il ne reste aucun souvenir. C'est heureusement inexact, puisque le comte de la Corbinaye vivait en son logis de Bourgon encore appelée maison seigneuriale de Bourgon jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Sur la carte de Hubert Jaillot (1706), l'actuelle ferme du Logis comporte bien une allée bordée d'arbres. Château bien modeste, mais qui convenait souvent à la petite aristocratie provinciale bien souvent aussi pauvre que certains bourgeois, voire davantage. Quelques dizaines de mètres en contrebas, au bord du ruisseau, se trouve une espèce de petite maison pittoresque rénovée : il s'agissait en fait du moulin de Bourgon, auquel les paysans des diverses métairies et closeries de l'est de la commune devaient faire moudre leurs grains, moyennant paiement du meunier et redevance seigneuriale. En fait il existait même deux moulins : celui de Bourgon et celui de Choiseau. Quatre retenues d'eau avaient été aménagées dans la vallée du ruisseau de Choiseau et elles sont encore bien visibles. Ces retenues permettaient d'accumuler des réserves d'eau que le ruisseau n'aurait pu fournir à lui seul pour actionner les deux moulins.

Un des propriétaires de cette humble maison seigneuriale, Pierre de la Corbinaye, y décède le 15 septembre 1680. Son épouse, Anne de Quatrebarbes, l'avait précédé le 10 avril 1650.
Julien de La Corbinaye épousa Laurence Le Lièpvre de Martigné et demeura quelque temps au château familial. « Gentilhomme très savant », il devint président au parlement de Bretagne en 1664 puis président aux enquêtes. Il établit alors sa résidence au château du Bois-Blin en Bréal puis dans son hôtel particulier, à Vitré où il décède le 31 mai 1736. Il est inhumé dans l'église de Bourgon le 1er juin suivant. Il laisse à ses frères l'usage de la maison seigneuriale de Bourgon.
Julien François Joseph décède à l'hôtel Fournier de Rennes le 1er mai 1753 et est inhumé à Bourgon. Son épouse, Charlotte de Rabasté, l'avait précédé dans la tombe le 28 avril 1750. Le dernier membre de la famille inhumé dans l'église de Bourgon est Romaine de la Corbinaye, le 10 février 1753 (décédée à Rennes).

Les possessions de la famille tombent entre les mains de la famille de Guerry en 1748 et 1763. Claude Alexandre Malo de Guerry était président à mortier du parlement de Bretagne. Ses possessions s'étendaient de Juvigné jusqu'à Domloup. Sur la paroisse de Bourgon, on peut mentionner le vieil étang du Haut-Feil, d'une superficie de 3 journaux, le moulin de Bourgon « avec les deux petits étangs servant à faire moudre ledit moulin », les métairies de Rouge-Feil, de la Pipardière, du Haut-Epinay, de la Noë-Pouillet, le fourneau à chaux et le champ des Croisettes, le moulin de Choiseau, et des terres en dépendant, ainsi que des pièces de terre à la Jaunaie et aux Chalonges. Le tout était estimé à la valeur de 65 762 livres, 6 sous, 8 deniers. Ces biens seront achetés par des habitants de Bourgon vers 1800.

Agriculture sous l’Ancien Régime

En 1696, et jusqu'à la Révolution, un tiers de ce territoire était encore couvert de landes : landes de la Brécinière, du Bas-Montigné, de Martinet. Le reste réparti entre 22 métairies, présentait des « mauvaises terres et des prés ». À la fin du XVIIIe siècle, on note la culture du lin et du chanvre. Les céréales étaient également cultivées, et on les groupait en deux catégories :

les « grands blés » (froment et seigle), se semant à la Toussaint ;
les « petits blés » (orge et avoine), semés au printemps.

Le sarrasin, bien que n'étant pas une céréale, avait une importance capitale dans l'alimentation. Il pousse en trois mois et peut donc être semé tardivement, si les récoltes de blé s'annoncent insuffisantes. Cette culture sera principalement réservée par la suite à la nourriture du bétail et elle sera totalement abandonnée après la Seconde Guerre mondiale.

Les « grands blés », et particulièrement le froment rouge, étaient souvent exigés par les nobles et le clergé de leurs fermiers ou métayers.


Révolution française

Plusieurs faits d'une importance locale marquent cette époque troublée. Dans le cahier de doléances, rédigé le 4 mars 17891, les habitants demandent la suppression de lieux dangereux « connus sous la dénomination de guinguette ou musse-pot » et de « détruire à jamais la gabelle », impôt prélevé sur du sel dont toute personne ayant atteint l'âge de 7 ans devait obligatoirement faire l'acquisition. Cet impôt occasionnait une lutte incessante entre faux-sauniers et gabelous, guérilla dont se plaignaient également les paysans qui voyaient régulièrement leurs barrières coupées pour permettre le passage de chiens qu'on emmenait en Bretagne et qui en revenaient chargés de sel. Leurs maigres cultures étaient également piétinées par les faux-sauniers ou les gabelous. Le sel produit en Bretagne, province franche, coûtait 3 livres le minot (un peu moins de 50 kg) du côté breton de la Vilaine. Il valait presque 60 livres dans le Maine, soit 20 fois plus. Il faisait donc l'objet d'un trafic dangereux mais qui pouvait permettre à certains paysans désœuvrés (surtout pendant l'hiver) de vivoter, moyennant une grosse prise de risques. C'est ainsi qu'on estime que 30 % du sel qui parvenait dans le Maine, province de grande gabelle était du sel de contrebande, du « faux-sel ». Les gabelous ou « employés dans les fermes du roy », chargés de réprimer ce trafic, étaient disséminés dans la campagne, toutes les demi-lieues ou environ, au sein même de la population locale, et les conflits sanglants n'étaient pas rares. Sur la paroisse de Bourgon, des postes étaient installés à l'Errie, à l'Édonnière, au Grand-Village. Des cantonnements de gabelous existaient à la Poulaillerie, au Bourgneuf-la-Forêt, à la Lande-aux-Torts, en Saint-Pierre-la-cour, ainsi qu'à l'Orrière, en Saint-M'Hervé.

En 1788, la paroisse de Bourgon payait 2 700 livres d'impôt sur le sel. La suppression de cet impôt mettra au chômage bon nombre de gabelous et de contrebandiers. Aussi, les principaux habitants de Bourgon demandèrent que « les employers qui n'ont point d'états, on continue à leur donner des gages pour veiller à la sécurité publique ». La suppression de la gabelle, les pressions subies par les prêtres, la mise à la disposition de la Nation de leurs biens et leur vente, les 14 juin et 29 août 17912, l'instauration d'une administration nouvelle dans cette commune rurale déjà fort pauvre lésa les intérêts de quelques habitants qui sombrèrent alors dans la chouannerie. Une véritable guerre civile se déroula dans le bocage, et Bourgon ne put échapper aux meurtres, assassinats et vengeances les plus horribles. On retiendra plusieurs épisodes sombres de cette période: après l'affaire de l'Étang de la Chaîne, au Bourgneuf, en septembre 1792, les gendarmes voulurent se saisir de citoyens de Bourgon contre lesquels un mandat d'amener avait été délivré.

Le 27 décembre 1792, Sauvé est nommé maire de la commune. Le lendemain, 27 décembre 1792, les brigades d'Ernée et de Gorron, n'ayant pu se saisir de personne, le bourg étant déserté, se mirent en marche vers Le Bourgneuf pour arrêter d'autres suspects. À minuit, et à un quart de lieue du bourg, ils furent reçues à coups de fusils tirés par-dessus les haies par « une troupe d'habitants du bourg et environs de Bourgon ». Cinq gendarmes, dont un blessé, furent retenus prisonniers.

Le directoire de la Mayenne envoya sur les lieux un de ses membres, Pottier-Verdrie, à la tête de six cents gardes nationaux de Laval, d'Ernée, de Vitré. Le 31 décembre, environ 600 gardes nationaux d'Ernée, Laval et Vitré, avertis que « quatre à cinq mille hommes » devaient se réunir sur la paroisse de Bourgon, investirent le bourg totalement déserté du 31 décembre au 2 janvier.

La troupe battit le pays, sans découvrir un seul brigand. Sa seule conquête fut celle des vases sacrés des églises de Bourgon et de Saint-Pierre-la-Cour, où aucun intrus n'avait osé se risquer ; elle en dévasta le mobilier, pilla la maison du curé, les logis abandonnés par les paysans terrorisés, le bourg vide. Les patriotes volèrent aussi toutes les provisions du pays, et même celles de Sauvé : il réclama et obtint une indemnité en février 1793.

Aux termes du décret de levées militaires du 24 février 1793, Sauvé fut nommé commissaire de recrutement du district. Ces levées, qui allaient provoquer l'explosion de l'insurrection vendéenne, grossirent le nombre des chouans d'un fort contingent de réfractaires, et tout le pays fut en état de guerre. En juillet 1793, il fallut occuper militairement les cinq communes révoltées ; encore les postes ne pouvaient-ils réprimer tous les désordres3.

Une nouvelle affaire de la Brossinière (Brécinère) a lieu le 18 juin 1793, occasionnant la mort d'un soldat républicain. Le 11 avril 1794, les hommes du général Beaufort affrontent les Chouans à la Gélinière et sur la butte de Rouge-Feil où 8 Chouans sont tués et une vingtaine capturés. Le 21 thermidor an 11 (8 août 1794), les chouans tuèrent, en plein bourg de Bourgon, le cousin de Sauvé, Paul-Jacques Bodin, jeune homme de vingt-cinq ans, qui refusait de les suivre, et deux autres garçons.

À proximité du château de Villiers (Launay-Villiers) — qui abrita Armand-Charles Tuffin, le marquis de La Rouërie pendant plusieurs mois — Bourgon fut « le foyer de la chouannerie », les frères Pinçon y ayant recruté « de nombreux adhérents ». En effet la localité fut signalée « animée d'un mauvais esprit et ayant entraîné les autres ». La compagnie des frères Pinçon, qui comptait une centaine d'hommes, passa sous le commandement du vicomte de Pontbriand, après la mort de Jean Chouan, en juillet 1794. Il chassa Chartrain, « transfuge républicain » et « pillard de profession » et reprit les armes à la fin de l'année 1798.
Article détaillé : Frères Pinçon.
Premier Empire et Restauration

La prise du pouvoir par Napoléon Ier mit fin aux troubles de la chouannerie. Demeurait cependant un problème, celui du refus de la conscription. Aussi, pendant toute cette période, des soldats furent chargés de faire la chasse aux déserteurs dans la commune. On ne note aucun autre fait historique particulier à cette époque.

Lors de la restauration de la royauté, en 1815, les participants aux anciennes chouanneries, troubles dont les populations gardaient un souvenir cuisant, se firent plus audacieux. En 1815, Jean Pinçon prit purement et simplement la place du maire, avant de l'abandonner pendant les Cent-Jours.
XIXe siècle

En 1830, à la suite des journées de juillet Louis-Philippe Ier prit le pouvoir et Charles X le chemin de l'exil. Le maire, Louis François Gérard fut démis de ses fonctions pour malversations financières.

En 1832, la duchesse de Berry, voulut assurer la régence de Henri V, dernier représentant de la branche légitimiste des Bourbons. Elle tenta de rallumer les braises des anciennes chouanneries et de la Vendée. Le maire déchu fut impliqué dans une affaire de tentative d'embauchage. Contrairement à ce qui s'était passé entre 1791 et 1799, les populations s'armèrent et n'hésitèrent pas à dénoncer les fauteurs de trouble.




(Source Wikipédia)

Agenda

Aucun évènement à venir